Monture de sabre

Comment faire une nouvelle monture pour votre katana

Très souvent, lorsque l’on trouve un vrai sabre, sa monture est en si mauvais état qu’il n’est pas possible de travailler sans risquer de tout abîmer encore plus. Egalement pour des raisons de sécurité, il faut disposer d’un saya solide et d’une tsuka qui ne risque pas de laisser le sabre s’échapper.

Je décris ici ma manière de faire une nouvelle monture, jusqu’au moment de laquer le fourreau et de tresser la poignée.

Pour faire une nouvelle monture, il faut disposer de deux parties de bois parfaitement plates, de 12 mm. d’épaisseur et ayant la forme du sabre. Le meilleur bois est le HONOKI, un magnolia qui grandit au Japon. Il est difficile, voir impossible de le trouver en occident. Il faut l’acheter au Japon. Mais on peut le remplacer par le tilleul, à condition qu’il comporte très peu de sève, et que ça ne soit pas pour un sabre de grande qualité.

Tout d’abord, il faut tracer puis découper la limite entre le saya et la tsuka, en suivant exactement le habaki.

Puis on trace la forme de la soie (nakago) sur la partie de la tsuka. Il ne faut pas oublier de laisser la place de l’épaisseur de la tsuba, des seppas et de la base du fuchi, en gardant un parfait parallélisme.

… et on fait de même avec les parties destinées à recevoir la lame.

Les deux parties sont évidées. La soie doit être parfaitement ajustée, de façon à ce qu’elle ne bouge pas lorsque les deux parties seront assemblées. Ne pas oublier de percer, au bon endroit, le trou pour le mekugi.

Lorsque l’on est sûr que les deux parties sont parfaitement adaptées, on les colle ensemble.

La forme de la tsuka dépend de la taille du fuchi et du kashira. La longueur est déterminée par la grandeur des mains de l’utilisateur, mais est d’environ 25 à 28 cm. Les tsukas d’origine sont souvent plus courtes.

Puis on prépare la place pour la peau de raie, same, que l’on va coller légèrement. La tsuka est prête pour le tressage.

On a déjà dessiné la forme de la lame sur les deux parties du saya.

On prépare soigneusement le logement pour la lame, au moyen de ciseaux à bois de diverses formes adaptées à la forme de la lame.

Pour la finition, il est fortement déconseillé d’utiliser du papier de verre, qui pourrait laisser des grains dans le bois, et par la suite, endommager la lame.

Je prépare des cales à poncer sur lesquelles je colle de la prêle séchée, excellent abrasif naturel, qui ne laisse pas de déchets.

A l’extrémité du fourreau, on laisse une petite poche qui recueillera les copeaux que l’on fait en rengainant mal. Cela évite que des bouchons de copeaux ne se forment à l’intérieur du fourreau.

Durant ces opérations, on teste souvent la bonne connexion entre le bois et la lame, c’est pourquoi elle est protégée par une couche d’huile non grasse.

Les deux parties sont maintenant creusées, ont été provisoirement assemblées afin d’être sûr qu’elles vont parfaitement ensemble, que la lame glisse à l’intérieur librement, sans qu’il n‘y ait aucune pression.

Afin de renforcer l’intérieur du saya là où il est le plus fréquemment coupé, j’insère des languettes de corne noire, sur environ 15 cm. Ces morceaux proviennent des chutes lorsque je prépare le koiguchi.

Lorsque tout est parfaitement ajusté, on colle les deux parties ensemble. Il faut faire très attention que de la colle ne déborde pas à l’intérieur du fourreau, car son acidité endommagerait l’acier de la lame.

Quand la colle est sèche, on dessine la forme de la lame à la surface, en laissant une marge de 5 à 6 mm., puis on découpe.

On fait une première tentative d’assemblage, afin de s’assurer du bon ajustement, et aussi de l’élégance de notre travail.

On va donner sa forme incurvée définitive au fourreau au moyen de rabots à bois, limes, papier abrasif, ponceuse, tout outil adapté au travail sur bois.

Une fois la forme terminée, je prépare un renfort en bois de placage qui va recouvrir la jonction des deux parties du saya. Ainsi, le collage sera plus solide, le fourreau ne cassera  pas. A cet effet, je prépare une surface bien plate, sur le dos et le ventre du fourreau.

Le bois de plaquage est découpé, environ 10 mm. de largeur. Puis il est collé tout le long du fourreau.  La hauteur du fourreau est de 38 à 40 mm., selon l’épaisseur de la lame.

Puis on dessine la forme en s’aidant du fuchi ou d’un seppa. Il s’agit alors de finir la forme extérieure du saya.

Si l’on dispose d’outils très tranchants, on gardera quelques copeaux, qui nous permettront par la suite de réparer l’embouchure, lorsqu’elle sera usée.

On prépare le koiguchi.

On creuse l’emplacement du kurigata, on le colle, on colle le koiguchi et on l’ajuste à la forme du fourreau. On procède de même pour le kojiri.

Le fourreau est prêt à être laqué.